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Abstract:
One-page excerpt about Gobineau's interactions with the Bábís.
Notes:
If you can translate this, please email me. Google Translate does a poor job with older French.
Written in French.

Gobineau, L'Orient et L'Iran:
Tome 1 1816-1860

by Jean Boissel

page 388
Paris: Editions Klincksie, 1973

1. Text excerpt

... Tel fut, à quelques variantes près dans le degré des peines et des difficultés48 supportées, le sort de Gobineau pendant les mois de février et mars 1858. Il trouvait pourtant la curiosité d'esprit nécessaire pour interroger les paysans, noter des noms de tribus, relever des légendes sur des pièces qu'on lui apportait49. A Zendjàn, il évoque l'insurrection des Bâbys50 qu'il n'appelle encore que des "revoltés"51 ou des "sectaires que l'on n'ose chercher nulle part de peur de les trouver partout52". Exemple d'antimémoire, puisque Gobineau consacrera au Bab53 et au bâbisme, en 1865, la moitié de son ouvrage sur les Religions et les Philosophies dans L'Asie centrale (p. 115-195 et en appendice "Le livre des Préceptes", 389-474) [online here]. Il interviendra même personnellement en faveur des fidèles persécutés de cette nouvelle religion, née en Perse en plein xixe siècle, et recevra de leur chef spirituel Husseïn Ali, successeur d'Ali-Mohammed, et alors interné à Saint-Jean d'Acre54, deux lettres 55 de remerciement fort émouvantes. Il y est question de la bienveillance, de la générosité, "de l'étendue de l'assistance et de la bonté montrées56" par son "Excellence le Ministre très grand et l'Envoyé très illustre57", pour les "Fidèles du Très-Haut58". "L'envoyé très illustre", traversant Zendjàn pendant l'hiver 1858, songeait-il qu'il serait un jour, "en conscience59", le protecteur des opprimés qu'il avait présentés dans son Mémoire sur l'état social de la Perse comme "les descendants transformés de cet hérétique Zoroastrien du ve siècle, Mazdak, qui prèchait la communauté des femmes et des biens60?" Etrange Gobineau, dans sa tenue d'explorateur du "pôle Nord", la figure violette de froid, les yeux brûlés de neige et de soleil, si étrange que la postérité n'a pas voulu reconnaitre en lui un homme, mais l'ancêtre d'une meute politique fanatique et cruelle. On se devait, en voyant chevaucher Gobineau dans la plaine de Zendjàn, de rappeler que c'est un chef spirituel oriental, et qui plus est, un humble et un opprimé, qui lui reconnaît des vertus que ses compatriotes lui ont deniées. Etrange Gobineau, qui se veut catholique et qui, pour qualifier ses coreligionnaires arméniens de Turquie, n'a pas hésité à écrire: "c'est la pire canaille de l'Asie61". Il suffit que, par quelque côté (ici la religion), un Asiatique ressemble à un Européen, pour qu'automatiquement joue en Gobineau le réflex de l'agressivité et que son jugement s'altère. N'est-ce pas ainsi qu'il faut interpreter l'animosité du voyageur à l'égard "d'une bande de muletiers arméniens, sorte de gens extremement brutaux et habitués à toutes les violences62, rencontrés dans les environs d'Avadjyk? Et quand ce n'est pas l'animosité, c'est l'humour le moins charitable qui s'exerce, a Dyadyn, par exemple, aux dépens de ses hôtes, "un vieux Arménien, magistrat du lieu, flanqué d'un tambour et d'un hautbois qui jouaient un air d'église63" pour conduire le voyageur a la tanière qui servait d'auberge. ...

    Notes
    [see abbreviations on page 3 of the PDF, below]
  1. Gob. tomba malade à Tabriz (Corr. Prok., 172).
  2. Voir B.N.U., ms. 3552, passim. Par ex. dessin d'un vase en terre rouge, "Tébriz, 21 février 1858". A Myaneh, longue note sur les musiciens-danseurs appelés les Schàgarys. Et Corr. Prok., 5 mars 1858, achat à Tabriz, pour Prokesch de trois tétradrachmes séleucides (p. 172).
  3. Les Bâbis, du nom de leur fondateur Ali-Mohammed, dit le Bâb (la Porte), forment une secte religieuse, de caractère quasi-initiatique dont les membres sont répandus dans le monde entier. Gobineau a révélé à l`Europe l'histoire de la fondation de leur religion, en 1843, à Schyraz et les persécutions dont ils furent l'object apràs divers mouvements d'insurrection dont ils étaient l'âme. Lire, dans Religions et Philosophies dans l'Asie centrale le récit dramatique du supplice du Bâb, puis de ses disciples, p. 209-224 et 248-249. Sur le Bâb, voir C. Huart, "La Religion de Bab, assai de réforme de l'islamisme en Perse, au xixe siècle, Rev d'Hist. des Relig., 1888 t. XVIII, 3. Les Bàbys se nomment aujourd'hui Béhahis, du nom de Behâ-oullah, successeur de Bâb après son exécution en 1852.
  4. T.A., 502.
  5. Corr. Tocq., 286
  6. V. supra, n. 50. Le Bâb s'appelait Mirza-Ali-Mohammed (ou Seyyed-Ali-Mohammed). Son nom indique qu'il serait descendant du prophète, par l'Imam Hussein. Gob. semble admettre, d'après les renseignements qu'il avait recueillis en Perse, que le Bâb était "Seyd". (Relig. et Philos., 116.) Il serait né vers 1825 à Schyraz. V Nicolas (A.L.), Sèyyèd Ali Mohammed dit le Bâb, Paris, 1905.
  7. "Le Bâb est à Saint-Jean-d`Acre, prisonnier dans une caserne en ruines, avec une partie des siens, hommes, femmes et enfants, manquant d'eau et voyant mourir son monde de misère. Les gardiens qu'on leur donne les ont complètement pillés et dépouillés" (Gob. à Prokesch, le 18 november 1868, Corr. Prok., 336). V. aussi, au sujet des interventions que fera Prokesch auprès du gouvernement ottoman, à le demande de Cobineau, Corr. Prok., 332, 333 ("J'écris au Bàb pour lui signaler ce que vous avez bien voulu faire pour lui [...]."), 334, 336, 337. Prokesch s'était fort intéressé à ce que Gob. avait révélé de la religion des Bâbys et avait voulu connaître le sentiment du gouvernement turc à leur égard. Ali-pacha lui aurait dit qu'il tenait le Bâbysme en "haute estime" mais qu'il était "politiquement... inecceptable". (Ibid., 288-289, 10 janvier 1866).
  8. Publiées dans Sch., Quellen, I, 430-435. La second reproduit la traduction faite par Gobineau lui-même, sans doute.
  9. Sch., Quellen, I, 430, 1re lettre du "Bàb"
  10. Ibid., 435, lettre du 4 janvier 1869.
  11. Ibid., V. Corr. Prok., 334, la lettre adressée au "Bab" pour lui faire part des demarches qu'il fait faire en sa faveur auprès des autorités turques.
  12. Gob. à Prokesch: "[...] Je crains que mon livre, en attirant l'attention sur Mirza Aly Housseyn et ses partisans, n'ait été por quelque chose dans lear persécution et je me sens engage en conscience." (Corr. Prok., 337.) On rappellera l'aveu fait a Prokesch le 2 janvier 1866: "les Bâbys m'attiraient". (Ibid., 286.)
  13. Mémoire, p. 242
  14. T.A., 516
  15. ibid, 513.
  16. ibid, 515.

2. PDF excerpt

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